[Q] And when was the first time you saw General de Gaulle? When did you see him for the first time?
Well, General de Gaulle, I saw him, I think that... I saw him once in the camp where he came to see... He made a vague speech. And then I saw him again on the boat. Because I left fairly quickly, at the end of August, I boarded a boat in Liverpool on the 29th or 30th of August. On a boat that was leaving... top secret but everyone knew we were going to Dakar, because the French are very talkative. And I saw him for the first time on the boat.
I was leaning on the rail and I was looking at the horizon. You could vaguely see land. And I hear a voice behind me that says, 'What is that land?' So I said, 'I don't know, it must be Ireland'. And I turn around, it was General de Gaulle. It was my first meeting with the general.
[Q] And what was your impression?
Well, he was very imposing. He was... For a start, he was huge. That occasion was a little special because he wore a colonial helmet, and it gave him a particular touch. But he was very imposing. Very.
[Q] You talk about the gothic cathedral in your book?
Yes, that's right. Gaulle... Because since I was a kid, I had the habit of playing with words like that, to ramble on: de Gaulle, Gaulle, Golgotha, Gothic, Gothic Cathedral, actually I think that it suited him rather well. And I had the feeling that for you General de Gaulle, was the exact advice that your maternal grandfather had given you, that is: admire but never idolise. And that's how it stayed for the rest of your life. You always admired him but without... No, no, that's absolutely right. Especially during the war. Afterwards, I wasn't as keen on the political aspects of the post-war. But during the war, he had been THE guy who fulfilled an essential function. And he fulfilled it remarkably.
[Q] And in your opinion, no one else, among all the politicians at the time, could have done that. You can't think of any other one?
There weren't any politicians in England at the time. There weren't any politicians... There just weren't any. There was Pierre Mendès-France, but later on. No, he came later on... He came much later. Mendès-France was in prison at the time. He was in North Africa, he was sent to prison. He escaped later on and became an Air Force captain. There just wasn't anyone.
[Q] Et le général de Gaulle, quelle est la première fois où vous l'avez vu? Quand l'avez vous vu pour la première fois?
Alors le général de Gaulle, je l'ai vu je crois que... Je l'ai vu une fois dans le camp où il est venu voir... Il a fait un vague laïus. Et puis je l'ai revu sur le bateau. Parce que je suis parti assez vite, en fin août, j'ai embarqué le 29 ou le 30 août sur un bateau à Liverpool. Sur un bateau qui partait. Top secret mais tout le monde savait qu'on allait à Dakar, parce que les Français c'est très bavards. Et je l'ai vu la première fois, enfin, sur le bateau. J'étais accoudé au bastingage et je regardais l'horizon où on voyait vaguement une terre. Et j'entends une voix derrière moi qui dit, 'Qu'est-ce que c'est que cette terre?' Alors j'ai dit, 'Je ne sais pas, ça doit être l'Irlande'. Et je me retourne, c'était le général de Gaulle. C'était la première entrevue avec le général.
[Q] Et quelle impression il vous a fait?
Ah, ben il était très imposant. Il était... D'abord, il était énorme. Là il était un peu spécial parce qu'il avait un casque colonial sur la tête, et que ça lui donnait une touche un peu particulière. Mais enfin il était très imposant. Très.
[Q] Vous parlez de la cathédrale gothique dans votre livre.
Oui, c'est ça. Gaulle... Parce que depuis que j'étais gosse, j'avais l'habitude de jouer comme ça avec les mots, de radoter: de Gaulle, Gaule, Golgotha, gothique, cathédrale gothique, je trouve que ça lui allait assez bien effectivement. Et j'avais le sentiment que le général de Gaulle pour vous, c'était exactement le conseil que vous avait donné votre grand-père maternel, c'est-à-dire: admirez mais ne jamais idolâtrer. Et que c'est resté ça toute votre vie. Vous l'avez toujours admiré mais sans... Non, non c'est absolument vrai. Surtout pendant la guerre. Après, j'étais beaucoup moins chaud sur les aspects politiques de l'après-guerre. Mais pendant la guerre, il a quand même été LE type qui a rempli une fonction qui était absolument indispensable. Et il l'a remplie de façon étonnante.
[Q] Et personne d'autre, à votre avis, dans tous les hommes politiques à l'époque, n'aurait pu faire ça. Vous n'en voyez pas d'autre?
Il n'y avait pas d'hommes politiques là en Angleterre. Il n'y avait pas d'hommes politiques... Il n'y en avait simplement pas. Il y a eu Pierre Mendès-France, mais après. Non il est arrivé plus tard. Il est venu bien après. Il était en prison là Mendès-France. Il était en Afrique du nord, il a été mis en prison. Il s'est échappé après, il est devenu capitaine d'aviation. Il n'y en avait pas.