En étudiant la lysogénie, en étudiant la... Ce qu'on voulait savoir, c'était la nature de ce qu'on appelle prophage, c'est-à-dire... On considérait que les bactéries lysogènes gardaient dans leurs chromosomes l'information génétique du phage sous une forme qu'on appelle prophage. Et la question était: ce prophage, comment est-il inséré... installé dans le chromosome? Et il est apparu qu'il était inséré de façon linéaire. Pourquoi est-ce que je mets ça maintenant?
[Q] Parce que justement la conjugaison a joué un rôle essentiel pour le positionner sur le chromosome.
Oui, c'est ça. La conjugaison, on a essayé de... Donc on voulait voir si le prophage se comportait comme un morceau de chromosome bactérien, ou comme un groupe de gènes bactériens. Donc on a croisé... Quand on croisait deux lysogènes ensemble, qui différaient par des marqueurs sur les prophages, tout se passait très bien. Le chromosome du mâle se retrouvait dans la femelle après combinaison, ça allait très bien. Mais quand on croisait un mâle lysogène avec une femelle non lysogène, ça n'allait plus du tout. Et on s'est aperçu que le prophage, quand il entrait dans un cytoplasme non lysogène, se mettait à démarrer et à se développer. Et ça, ça a été l'argument princeps pour dire qu'il existait, dans le cytoplasme des bactéries lysogènes, quelque chose qui était probablement négatif et qui empêchait le développement du prophage, et qu'on a appelé le répresseur. Et ça on jouait sur deux choses en même temps. On jouait sur la lysogénie et le prophage, et d'autre part, le système lactose de Monod. Et finalement, il est apparu peu à peu que les deux systèmes se ressemblaient étrangement, que dans les deux cas, il y avait indépendamment des gènes de structure qui déterminaient la formation de molécules de protéines précises, molécules du Cellactose ou protéines du phage... quec'était les mêmes mécanismes dans les deux cas. Il y avait dans le cytoplasme une substance qui bloquait l'expression des gènes, soit du phage, soit du lactose.
While studying lysogeny, while studying... what we wanted to know, was the nature of what we call prophage, that is... we considered that the lysogenic bacteria kept, in their chromosomes, the phage's genetic information in the form of what is called prophage. And the question was: how is this prophage settled in the chromosome? And it appeared that it was inserted in a linear way. Why am I talking about this now?
[Q] Precisely because conjugation played a key role in positioning it on the chromosome.
Yes, that's right. On conjugation, we tried to... so we wanted to see if the prophage acted like a piece of bacterial chromosome, or like a group of bacterial genes. So we crossed... When we crossed the two lysogenics together, which differed through markers on prophages, everything went well. After combination, the male chromosome ended up in the female, it went very well. But when we crossed a lysogenic male with a non lysogenic female, it wasn't working at all. And we noticed that when the prophage entered a non lysogenic cytoplasm, it started up and began developing. And that was the first argument to say that in the cytoplasm of lysogenic bacteria existed something that was probably negative and that refrained the development of the prophage, and that we called repressor. We were working on two things at a time. We were working on lysogeny and prophage on the one hand, and on the other, on Monod's lactose system. And eventually, little by little, it appeared that the two systems looked strangely alike, and that in both cases, independently there were structural genes that determined the formation of specific protein molecules, Cellactose molecules or phage proteins... that it was the same mechanism in both. In the cytoplasm there was a substance that blocked gene expression, of either phage, or lactose.