Puis alors... alors là je suis revenu à Paris. Et j'ai trouvé l'atmosphère peu plaisante. Tous mes copains qui n'avaient pas bougé de Paris, qui avaient continué les concours d'externat, d'internat, qui étaient plus ou moins médecins des hopîtaux, venaient me voir avec un air impitoyable, en disant, 'Ah oui oui voilà le grand guerrier, très bien, continue!' C'était très, très désagréable.
[Q] Avec quand même une certaine admiration non, une jalousie disons, sans doute pour certain?
Je ne suis pas tellement sûr. Non j'avais des copains qui étaient si vous voulez mes concurrents en médecine les premières années, pour les concours, que je n'ai pas faits, puisque mon premier concours a été supprimé. Et eux étaient devenus déjà des personnages très importants de la médecine. Ce qui m'agaçait prodigieusement. Il y avait de quoi. Mais eux étaient plein de commisération, mais c'est tout.
[Q] Vous racontez que vous avez essayé de pouvoir avoir des examens accélérés, au moins avoir le droit de vous présenter plus tôt aux examens et qu'on vous l'a refusé.
Oui. Ça, c'est un truc qui m'a... Oui, parce que j'étais pas externe des hôpitaux. Et vous savez que dans le système français, il faut être externe pour être interne, etc. Donc, j'avais quatre ou cinq ans de retard sur ces gars là et j'ai demandé... Je suis allé à l'Assistance Publique. Et je leur ai demandé l'autorisation de me présenter à l'internat sans être externe. Et puis qu'on note mes copies, et c'est tout. Ils ont failli tomber de haut-mal. Se présenter à l'internat sans être externe, ce n'était pas pensable. Et ça m'a complètement écœuré, j'ai décidé de ne pas poursuivre dans cette voie et de faire autre chose.
[Q] Que vous ne feriez jamais médecine... Comme médecin... Vous l'avez fait pour avoir le diplôme, oui...
Je ne ferais jamais DE médecine. J'ai quand même un doctorat en médecine, mais sans médecine pratiquante oui.
And then... So I came back to Paris. And the atmosphere that I found there wasn't very pleasant. All my friends that had stayed in Paris, that had gone on with the extern exam, the intern exam, who were all more or less doctors, came to see me with pitiful looks, saying, 'Ah yes, here comes the glorious soldier, very good, continue!' It was very, very unpleasant.
[Q] With nonetheless a certain admiration wouldn't you say? No doubt, jealousy for some?
I'm not really sure. No, I had friends who were my competition, if you will, during the first years of medicine, for the exams that I didn't take, because my first exam had been cancelled. They had already become very important players in the world medicine. Which annoyed me tremendously. And there were good reasons. But they were full of commiseration, but that's all.
[Q] You say that you tried to get accelerated exams, or at least have the right to present yourself earlier to the exams, which you were denied.
Yes. That's something that... yes, because I wasn't an extern student at a teaching hospital. And you know that in the French system, you need to be an extern to become an intern, etc. So, I was four or five years behind these guys and I asked... I went to the office of the Assitance Publique. And I asked them for the right to present myself to be an intern without being an extern. And that my tests get marked and that's it. They almost fell to the ground. To present yourself to be an intern without being and extern, that was unthinkable. And that completely disgusted me, I decided not to continue in that direction and do something else.
[Q] That you would never practice medicine... As a doctor... You did it to get the diploma, yes...
That I would never PRACTICE medicine. I still got a doctorate in Medicine, but without practical medicine, yes.