What's truly outstanding in the art of a great mime is that, in order to tell me that scene involving lots of people on a Saturday evening in a New York hospital, he chose to portray the switchboard operator who is calling her boyfriend, telling him she is 'very busy tonight', and she won't make it to the date until much later that evening. She puts on nail varnish for her date and at the same time is directing stretch boards coming in, saying, 'Number 45, number 31, no, no... yes'. And Tati himself is there, in the middle of it all, looking at the operator, being himself, the operator was there – I really saw that room in a New York hospital that evening thanks to some hands, some looks, a very few things. That was... that is the great art of the mime. He was an outstanding mime. I have heard – as I was not there when he died, he died at the hospital, he had had several cancers in a row – when he was dying, in his last moments, with tubes coming out from everywhere, the doctor came in – he had called for him – the doctor leant towards him and Tati said, 'Doctor, there is something going on between the nurse and the night duty doctor', and he died. He had been observing life around him right up to the end, and he died giving a last lesson on how to observe to the doctor.
Ce qui est tout à fait étonnant dans l’art d’un grand mime c’est que pour me raconter cette scène où il y a beaucoup de monde un samedi soir dans un hôpital de New York il a prit la place de la standardiste de l’hôpital qui est au téléphone en train d’expliquer à son boyfriend que it is very busy tonight et qu’elle ne pourra pas venir au rendez-vous avant une certain heure. En même temps elle se met du vernis à ongles parce qu’elle doit sortir avec lui et en même temps elle dirige les différents brancards qui arrivent… en disant number 45, number 31, no, no… yes… et Tati lui même est là au milieu regardant la standardiste, comme ça... lui même se faisant… la standardiste était… J’ai vu cette salle de l’hôpital de New York ce soir là grâce à quelques mains, quelques regards, avec très, très peu de chose. C’était ca c’est le grand art du mime. Il était un mime incomparable. Il paraît que… je n’étais pas là, mais quand il est mort, il est mort à l’hôpital, il avait plusieurs cancers l’un après l’autre… quand il est mort il était agonisant avec des tuyaux partout, le docteur est arrivé… il a appelé le docteur, le docteur s’est penché vers lui et il lui a dit: «Docteur… il y a quelque chose… entre l’infirmière et l’interne de nuit…» et il est mort. Jusqu’au bout il avait observé la vie autour de lui et il est mort en donnant une dernière leçon de regards au médecin.